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Sources sur le territoire français

pour les déchets miniers

  1. Estimation des quantités de déchets miniers en France

On dénombrait en 1996, 120 principaux sites d'extraction de minerais métalliques et de minéraux industriels et donc de production de déchets. Hors hydrocarbures, charbons, uranium et sel, leur nombre n'est plus que de 80, et une grande majorité d'entre eux concerne les minéraux industriels. En 1998, l'exploitation minière métallique en France métropolitaine est réduite à quelques substances (or, fer, fluorine et barytine) et à une douzaine de sites.


Réaliser une estimation précise des tonnages de déchets miniers produits et des stocks existants est possible mais nécessite un inventaire site par site, travail important qui aujourd'hui n'a pas encore été réalisé. En effet, pour connaître précisément le volume des résidus miniers, il faut consulter les archives des mines (lorsqu'elles existent encore !), évaluer les productions, les méthodes de traitement et mesurer les quantités réelles de déchets laissées sur le site, en sachant qu'une partie de ceux-ci a pu être réutilisée comme minerai à basse teneur ou comme matériau de remblai ou d'empierrement. Souvent, l'érosion naturelle a déplacé une partie des résidus, en particulier lorsque ceux-ci sont stockés en bordure de cours d'eau (cas fréquemment rencontrés dans le Massif Central et les Pyrénées).
Une évaluation récente (BRGM, 1997) destinée à donner une image d'ensemble des volumes de déchets en jeu, a été réalisée pour le compte du Ministère de l'Environnement. Les résultats permettent d'estimer très approximativement le volume global cumulé des résidus de traitement produits par les exploitations minières en France depuis la révolution industrielle à environ 130 millions de tonnes pour les résidus de métaux non ferreux (sauf l'aluminium) (Tableau 1) ;
- pour le fer, l'estimation est difficile. Les résidus pourraient représenter environ 4 milliards de tonnes, en grande partie réutilisés pour le remblayage des mines;
- pour les minéraux industriels (autres que barytine et fluorine) et la bauxite (aluminium), aucun chiffre n'a été avancé pour l'instant.

Substances

Production cumulées métal ou minerai

Teneurs (moyenne pour calcul)

Résidu globaux, Tous résidus compris

TOTAL

130 Mt

Pb - Zn

(+ sous-produits)

1 800 kt Pb

2 350 kt Zn

5 à 15 % Pb + Zn

(10 %)

45 MT

Pyrite

29.6 Mt pyrite

50 % à 70 % FeS2

10 Mt

Cu

70 kt Cu

1 à 3 % Cu

(1.5 %)

5 Mt

Au

161 t Au

qq g/t à 15 g/t

(8 g/t)

20 Mt

W

26.6 kt WO3

0.3 - 1.5 % WO3 (1 %)

2.5 Mt

Sn

11.8 kt Sn

0.1 à 1.5 % Sn

2 Mt

Sb

130 kt Sb

(2.5 % ?)

5 Mt

Fluorine

10.4 Mt F2Ca

30 % à 60 % F2Ca

(40 %)

25 Mt

Barytine

6.5 Mt BaSO4

30 à 70 % BaSO4

(40 %)

15 Mt

Tableau 1 : Evaluation théorique du tonnage des résidus de traitement de la mine métallique en France (source : BRGM, 1997)

2. Répartition géographique

Des dépôts de résidus miniers existent dans presque toutes les régions de France. Leur répartition et leur composition sont fonctions des substances exploitées, étroitement liées au contexte géologique [Beziat et Bornuat, 1995]. Ainsi, très schématiquement, on trouvera:

  • les mines métalliques (métaux non ferreux hors aluminium) principalement localisées dans les massifs hercyniens anciens (Massif Central, Massif armoricain, Vosges, Estérel..) et les Pyrénées ;
  • les mines de fer les plus importantes concentrées dans le bassin sédimentaire lorrain ;
  • les mines de bauxite (aluminium) essentiellement situées en Provence ;
  • les mines de sel (halite et potasse) localisées pour les plus importantes dans le bassin salifère lorrain et alsacien ;
  • les mines et carrières de minéraux industriels (incluant fluorine et barytine) dispersées dans tous les bassins sédimentaires (Bassins Parisien, Aquitain et Rhodanien) et également sur le pourtour des massifs anciens et des chaînes alpines.